Présentation de la pépinière de plants 

« Myrtilles des Montagnes Noires »

Sommaire :

  • Un peu d’histoire sur l’origine des variétés de myrtilliers
  • Lot 2020 (tout les plants sont vendus ) disponible à la vente : variétés et conditionnement
  • Informations sur le matériel végétal d’origine
  • Pourquoi les plants « Myrtilles des Montagnes noires » sont en conversion biologique ?
  • Valeur ajoutée des plants « Myrtilles des Montagnes noires »
  • Quelles variétés pour quelles zones géographiques ?
  • Conseils pour planter, arroser, tailler
  • Pour les professionnels
  • Sources et références

Un peu d’histoire sur l’origine des variétés de myrtilliers

La famille des Ericaceae regroupe entre autres « Arbousier », « Pieris », « Rhododendron », « Callune » mais aussi le genre Vaccinium qui nous intéresse ici et dont le nombre de variétés est estimé entre 150 et 450. Il est largement répandu dans le monde depuis l’Himalaya à la Nouvelle-Guinée jusqu’aux régions Andines de l’Amérique du Sud, qui seraient leur aire d’origine.

En Amérique du Nord, Les baies sauvages issues du genre Vaccinium étaient cueillies de tout temps par les Indiens. Mais le pionnier dans la domestication du NHB (Northern Highbush Blueberry) désigné alors comme Vaccinium Corymbosum L. (nomenclature binominale Linné), fut Fredrick Coville.

Dès 1908, au sein du « United States Department of Agriculture » (USDA), il détermine ses besoins fondamentaux, initie sa propagation par bouturage et hybridation. Il mettra en culture jusqu’à sa disparition, plus de 68000 semis issus de croisements. Dans l’année 1911, le cultivar baptisé « Rubel », sélectionné depuis une variété sauvage, est l’un des plus hauts ascendants pour de nombreux croisements dans l’arborescence phénotypique. Son patrimoine génétique distribue encore largement aujourd’hui, les variétés ‘Jersey’ (1916 ; année d’hybridation – 1928 ; année d’introduction), ‘Bluecrop’ (1934-1952), ‘Blueray’ (1934-1955) Atlantic (1925-1939), Berkeley (1932-1949), Collins (1936-1959), Earliblue (1936-1952), Bluetta, Elliott, Nui, Patriot, Spartan, Toro etc… (Cf. figure ci-dessous).

En 1937, l’année où F.Coville décède, George Darrow prend sa succession et continue les recherches pour optimiser les arômes du fruit mais aussi, la rusticité, la résistance florale au gel, le caractère tardif des récoltes en vue d’élargir la géographique des projets d’implantations, et sans oublier grâce à l’hybridation avec des myrtilliers au feuillage persistant (de Floride notamment), la résistance des nouveaux cultivars ainsi obtenus, aux sécheresses et aux chaleurs estivales.

25 ans est généralement le délai moyen entre un semis issu d’hybridation, jusqu’à sa commercialisation pour que se vérifient comme stables après plusieurs générations, les spécificités génétiques respectives des espèces croisées. Cette période tend de nos jours à se raccourcir à 12 ans, voire 10 ans dans le meilleur des cas.

Pour se repérer dans le maquis des classifications botaniques entre   « Genre »,   « Sous-genre », « Espèce », « Variété », il peut être retenu que les dit « myrtilliers » se répartissent dans ce qu’on appelle plus précisément les Half-Highbush Blueberry (HH), Northern Highbush Blueberry (NHB), Southern Highbush Blueberry (SHB). Suite aux travaux d’hybridation, ils contiennent tous, du patrimoine génétique provenant du Vaccinium Corymbosum. (Cf.graphique ci-après)

Parmi les « NH » qui nécessitent plus de 800 - 1000 h de froids pour fleurir, et qui sont ceux majoritairement commercialisés, le patrimoine génétique peut être à 100% celui du V.Corymbosum, comme « Elliott ». Mais la plupart contiennent les gênes, de 2 jusqu’à 4 autres vaccinium en plus du V.Corymbosum

  • V.angustifolium
  • V.darrowii
  • V.virgatum
  • V.tenelum 

Comme « Draper » avec respectivement (84,5%, 6,0%, 1,6%, 1,2%, 0,4%).

Les « HH» sont issus du croisement entre V.Corymbosum et le nordique V.angustifolium originaire du Minnesota ou des provinces maritimes du Québec, que l’on pourrait comparer aux petits buissons des myrtilliers sauvages européens. Ils nécessitent plus de 1000h de froids comme « Northblue » par exemple.

Certains « Southern Highbush Blueberry » comme « Biloxi » qui nécessite seulement 150h de froids pour fleurir est composé à 42% de V.Corymbosum  ou 78% pour « Star » qui possède même 8% du V.augustifolium nordique !

L’exception Rabbiteye  en référence à leurs fruits verts qui ressemble à des petits yeux de lapins est originaire du sud-est des États-Unis (Texas, Arkansas) et se rapproche pour son faible besoin en heures de froids du V.Darrowii de la région de Floride


A la différence de ce dernier, les Rabbiteye ne sont pas croisés avec le V.Corymbosum pour produire des cultivars. Ils seront issus principalement de 4 sélections sauvages appartenant exclusivement au V.Virgatum (synonyme V.Asheï) :

  •  ‘Ethel ’'
  •  ‘Clara
  • Myers
  •  ‘Black Giant‘ '


En revanche une partie de leur patrimoine génétique peut être sélectionné pour composer un NHB ou un SHB. Les Rabbiteye seront un peu plus rustiques que les SHB.

Tout cela pour comprendre que ce qu’on appelle communément les « myrtilliers » (hors Rabbiteye), sont donc pour la très grande majorité d’entre eux, des mélanges de 4 espèces originelles bien différenciées V.Corymbosum ,V.angustifolium, V.darrowii, V.Virgatum.
Mais sur l’étiquetage du plant, il ne sera mentionné que V.Corymbosum
Souhaiter retrouver le patrimoine génétique d’une variété sauvage composant majoritairement ou totalement un cultivar, à part « Rubel » peut-être, est impossible depuis le temps où des longues recherches et travaux d’hybridations ont été développé principalement par les programmes des Universités américaines.

En Europe, ce sont les Pays-Bas en 1923, qui programment la première plantation de myrtilliers et la Pologne en 1924 au sein de la Faculté d’Horticulture, hébergée à l’Université d’Agriculture de Varsovie. Mais seulement en 1959 au Royaume-Uni, années 80 pour la France ou encore, années 90 pour l’Espagne !

C’est donc en Pologne, grâce à son expertise historique, volontiers dispensée par une entreprise spécialisée en myrtilliers et reconnue internationalement, que j’ai pu me voir proposer des jeunes boutures qualitativement certifiées, issues de micro-propagation. Pour information, les programmes de recherches en petits fruits à l’INRA sont stoppés depuis de nombreuses années et par conséquent, sans spécialistes attitrés dans ce domaine, rendant difficile l’approvisionnement de ce type de matériel végétal premier, d’origine française.

Lot 2020 : variétés et conditionnement

9 variétés réparties en trois groupes, sont disponibles cette année 2020 :  


  • Southern Highbush : ‘Star’ (précoce).
  • Northern Highbush : ‘Patriot’ ‘Spartan’ (début de saison) ‘Bluecrop’ 'Bonus’ 'Goldtraube’ (mi-saison) ’Bluegold’ ‘Ozarkblue’ (mi-tardif)
  • Half-Highbush : ‘Northblue’ (Début de saison) 


Ci-après, la présentation du type de container ainsi que le type d’étiquetage où l'on peut trouver entre autres, les informations relatives au plant tel que la taille, et la date de conversion biologique.
Enfin, une fiche individuelle pour chaque variété proposant quelques informations utiles à connaître.

Informations sur le matériel végétal d’origine

Le matériel végétal d’origine, est issu de boutures multipliées par micro-propagation (MP). Elles permettent d'assurer :

  •  Que la bouture soit libre de tout virus
  • Que la bouture ait le même patrimoine génétique que le pied-mère. Ainsi votre plant est assuré de n’avoir aucun virus et d’être la bonne variété mentionnée sur l’étiquette. 


Pour rassurer s’il est nécessaire, la MP dont les premiers balbutiements virent le jour en France en 1939, n’a absolument aucun rapport avec les OGM.
Elle est simplement une méthode de bouturage améliorée afin d’obtenir des plants en quantité et d’une qualité sanitaire irréprochable sans devoir invoquer une batterie de traitements par pesticides ou autres.

Elle a permis dans les années 50, de guérir des plantes virosées, en particulier chez les plantes qui sont multipliées végétativement : pomme de terre, fraisier, tulipe etc…
Dans le cas de la pomme de terre, les maladies à virus ont entraîné en 1956 la perte de 15 % de la production mondiale, soit 30 millions de tonnes. Cette découverte expérimentale a eu un retentissement considérable et est appliquée aujourd’hui dans le monde entier. En particulier dans les zones tropicales particulièrement sensibles aux épidémies, la culture de méristèmes * est la seule technique qui permet de maintenir des productions saines de canne à sucre, de manioc, d’igname ou de bananier.

Méristèmes * : cellules non différenciées qui sont présentes dans les bourgeons à l’extrémité des tiges et des racines et qui peuvent, en se multipliant, donner naissance à tous les tissus de la plante. Ces cellules seront toujours exempt de virus, même chez une plante dépistée comme atteinte par un virus. Leur culture permet d'obtenir une plante identique à la plante initiale, et indemne de toutes maladies.

Cette découverte fut pressentie au début des années 1950 par deux chercheurs d'INRAE (P. Limasset et P. Cornuet) et confirmée par les travaux de deux autres chercheurs d'INRAE (G. Morel et C. Martin) qui aboutirent, après trois années de travail, à la régénération d’une plante saine (un dalhia) à partir de méristèmes d’une plante contaminée par trois virus.
 
Depuis 1980, la quasi-totalité des framboisiers très sensible aux virus, et multipliés par cette méthode pour leur culture en France, proviennent d’un laboratoire de l'INRAE à Dijon. L'ensemble des fraisiers du CTIFL de Balendran, vers Nîmes sont aussi issus de cette méthode et même des milliers de palmiers dattiers destinés à l’export en péninsule arabique sont produit en Sologne ! De nombreux plants de pomme de terre, échalote, crucifères, endives ... vendus en bio aujourd'hui, sont des "descendants" de cette méthode, après 6 à 10 générations de multiplication.

Avec cette méthode on peut par exemple obtenir 400 000 plants par an à partir d’un seul bourgeon du rosier qui ne peut se semer et qui se bouture difficilement. De plus les caractères de couleur, parfum ne sont pas stables génétiquement. Le cas échéant, il faudrait comme antan, le multiplier par greffage, pratique lourde qui comporte de plus un handicap physiologique pour la plante.
 
Certaines variétés de myrtilliers sont très difficiles aussi à multiplier par la méthode de bouturage dite « naturelle » et qui de plus, sont souvent protégées par des brevets déposés par les universités les ayant développées (USA par exemple). La qualité sanitaire du myrtillier est tellement primordiale, que les premiers essais d’implantation en Australie dans les années 1950 furent stoppées en partie pour des infections à virus avant d’être seulement réinitiées 20 ans plus tard…
 
Comparaison n’est pas raison mais on peut se représenter cette méthode de bouturage comme celle du greffage des plantes. Par exemple, le bourgeon (micro-bouture support du méristème), sera le greffon tandis que la solution nutritive (milieu stérile et non pas avec des pesticides !!) sera le porte-greffe.

Dès que le chevelu racinaire sera suffisamment étoffé, cette bouture sera mise en condition naturelle, en étant rempotée dans un substrat horticole et progressivement acclimaté en milieu ouvert extérieur.

La norme Européenne en pépinière propose 4 grades de certifications, dans la gestion des stocks de matériel végétal pour assurer sa qualité phytosanitaire comme dans le cas ici présent, avec la séparation prophylactique des plants les uns par rapport aux autres : 

  • Basic 1
  • Basic 2
  • Certified
  • CAC (CONFORMITAS AGRARIA COMMUNITATIS)


Mon fournisseur de boutures est certifié CAC

Process du micro-bouturage

Pourquoi les plants « Myrtilles des Montagnes noires » sont en conversion biologique ?

Le matériel végétal originel qui est « né » ni dans un substrat biologique, ni bouturé depuis un pied-mère certifié biologique, aura comme conséquence de devoir observer un délai de trois ans dit de « conversion » selon la règlementation Agriculture Biologique afin qu’il puisse être qualifié « AB ».

Mais il pourra toutefois être proposé à la vente en tant que plant qualifié en « conversion biologique » et non « AB » avant la fin de ce délai de trois ans sous réserve de le mentionner sur l’étiquetage, et sans que cela ait un quelconque caractère discriminant sur la qualité du processus de culture en mode biologique du plant.

Illustration de cette période de conversion pour la variété « Bonus » par exemple, au sein du lot 2020 :

Elle avait 12 semaines en Septembre 2018 en intégrant le processus AB au sein de « Sphères de Cultures ».

En Mars 2020, 18 mois plus tard et à mi-parcours de ces 3 années de conversion, 12 semaines en culture non certifiée biologique, ne représentent plus que 14% de son temps de vie. Je proportionne aussi ce temps dit de « culture conventionnelle » où il n’y aura eu que des mesures prophylactiques lors de l’acclimatation des plantules aux éléments extérieurs, à son volume racinaire initial (95cc) et à la matière sèche très faible de sa partie aérienne de 10 cm de haut.
En 18 mois son volume racinaire développé par le substrat et la fertilisation biologique passe de 95 à 1300cc et sa partie aérienne mesure déjà 80 cm. Le graphique ci-après, illustre le rapport mineur du volume/temps des plants entre leur période de vie conventionnelle à celle de la conversion biologique dans un parcours de vie sur 4 années.

L’articulation de cet atelier pépinière qui ne peux se faire à ce jour que via ce mode de conversion biologique pour les raisons précédemment évoquées et mon activité de producteur de myrtilles biologiques, est déclarée, contrôlée et certifiée auprès de l’INAO (INSTITUT NATIONAL DE L’ORIGINE ET DE LA QUALITÉ) et de BUREAUVERITAS.

Certification biologique consultable ou téléchargeable ici :

Valeur ajoutée des plants « Myrtilles des Montagnes noires »

Ci-après, deux tableaux qui représentent la spécificité culturale rarement proposée dans le la filière horticole. Celle que j’applique aux plants « Myrtilles des Montagnes Noires » à savoir l’utilisation d’un container anti-chignon pour l’obtention d’une motte racinaire de qualité assurant une bonne reprise en terre. Spécificité qui s’ajoute à celle de mon façonnage artisanal des terreaux et fertilisants biologiques.

Ensuite un tableau qui représente la régularité des soins apportés aux plants sur les deux premières années pour me permettre de vous les proposer à la vente.

Enfin un diaporama sur la chronologie du process de culture.

Premier rempotage dans le substrat "Sphères de Cultures". Contenant anti-chignon 430cc, avec dièdres.

Résultat après quelques mois de cultures : 

Motte racinaire d'excellente qualité.

Une jeune plantule prête à être remportée

Résultat après le second rempotage dans le substrat "Sphères de Cultures". Contenant anti-chignon 1300cc.

Zoom sur le développement avant l'aoutage : 

  • tout premiers bourgeons à fleurs pour l'année suivante
  • motte racinaire d'excellente qualité.

Vue d'ensemble du lot 2020

Paillage avec BRF non affiné  de "Sphères de Cultures"

Vue d'ensemble un peu avant le début d'Automne.

   Autre lot en container anti-chignon de 5 Litres, en extérieur, à l'Automne.

Quelles variétés pour quelles zones géographiques ?

Deux cartes de France, tenteront d’illustrer les zones propices à la culture des différentes catégories HH, NHB, Rabitteye, ou SHB.

La première carte présente le nombre de jours de gelées < 5°C. C’est avec cet indice qui au-delà d’une simple carte qui pourrait présenter une température moyenne annuelle, permettra de cerner les zones où la variété « Star » (SHB) que je propose, peut être adapté.
En effet, moins de 8 jours par an de gel < 5°C, implique que ce seuil de température à risque, survient généralement bien avant le début de floraison qui intervient au mois de mars dans un climat de type Biarritz ou un peu plus tardivement dans un climat littoral plus frais.
Pour le pourtour méditerranéen et le micro-climat Parisien, le SHB devra être cultivé en container ou en terre mais seulement en amendant massivement un sol calcique, plus la possibilité de constituer une réserve en eau de pluie.

La seconde carte présente les zones de rusticités (USDA) en France. Elle complète la carte précédente pour confirmer l’emplacement du SHB par exemple, mais aussi l’adaptabilité du HH que je propose avec « Northblue » (zone 3), qui se développera mieux dans les zones les plus rustiques de France.

Un graphique à bulle présentera les heures de froids de quelques villes de Bretagne et de France. Il permettra de vérifier l’adaptabilité d’un type de myrtillier, en fonction du total d’heures de froids annuel de votre lieu. Si celui-ci est en zone intermédiaire entre le SHB et le NHB, la formule (Crossa-Raynaud) élémentaire mais tout de même suffisamment significative (il y en a beaucoup d’autres plus complexe) vous permettra de confirmer ou infirmer votre choix.

Prenons un relevé mensuel moyen de 8°C pour la T°Moy.Max et 2°C pour la T°Moy.Min. Vous soustrayez 7° qui est la valeur seuil considérée comme « heure de froid » au 2° de T°Moy.Min. Cela donne 5° que vous divisez ensuite par la différence entre 8° et 2° soit 6°. Cela donne 0,83. Vous multiplier ce quotient par 24 heures. Cela donne 20 heures de froid. Vous multiplier cette valeur par le nombre de jours du mois en question, par exemple 28 si nous sommes en février. Ce qui donne un total moyen de 560 heures de froid. Et vous pouvez procéder ainsi pour tous les autres mois qui présente une température moyenne minimale inférieure à 7°C, afin d’obtenir le total annuel.


Enfin un dernier tableau présente à titre tout à fait indicatif suivant les différents groupes de Highbush (HH, NHB, SHB), les périodes de maturité des fruits autorisant la cueillette .
Les disparités pourront être importante suivant les micro-climats d’une même zone géographique élargie. Par exemple à l’échelle de l’Ouest de la France, un Rabitteye comme le « Powderblue » peut dans le Val-de-Loire être récolté en Septembre, alors qu’ici à « Sphères de Cultures » le cœur de la récolte se situe début Octobre, pour se finir tout début Novembre.



Conseils pour planter, arroser, tailler

NATURE DU SOL :

  • Site aéré, suffisamment ventilé, pour assurer la qualité sanitaire du feuillage, des pousses de nouvelles cannes et des fruits en saison
  • pH :  4,5 à 5,5.
  • Bien drainé type limono-sabloneux, avec un taux de matières organiques élevé.
  • Dans le cas d’une plantation de plusieurs arbustes, regroupez les pour justifier et bien réussir les travaux de sols (ameublissement, décompactage), considérant la longue durée de vie du plant qui est de 40 et 50 ans.
  • Trou de plantation au minimum de 20 litres ( Ø 30 cm, profondeur 30 cm) en rapport au Ø 15 cm du plant « Myrtilles des Montagnes Noires ». Si vous avez des doutes sur la bonne adaptabilité de votre sol, vous pourrez remplacer 50 % de ce volume ameubli de 20 litres par 10 litres de terre de bruyère, mais qui imposera des arrosages un peu plus fidèles la première année car la densité de la terre de bruyère étant trois fois plus faible que la terre, elle retient d’autant moins bien l’eau disponible, même si elle a au départ une bonne capacité d’adsorption (et non absorption).
  • Si vous ne pouvez-pas planter au printemps, ne pas le faire en été et attendre l’automne.
  • Si pH du sol est de 6,5 (1 point au-dessus de 5,5) en sol Limono-Argilo-Sableux (LAS) ou Limon-Sableux-Argileux (LSA) par exemple, surfacez 3 à 4 semaines avant la plantation avec 120 à 130 ml (± 100 g) de soufre par m² (disponible en jardinerie) à renouveler au tiers de cette dose tous les 1 à 2 ans.
  • Si pH du sol est de 6,0 (½ point au-dessus de 5,5) la moitié de la dose sera suffisante.
  • Si pH du sol est à 5,5 voire en-dessous, il sera suffisant de pailler régulièrement avec de la sciure de résineux provenant de scieries, ou le cas échéant, de pailler avec de l’écorce de résineux du commerce (environ 10 cm d’épaisseur). Dans le cas d’un bon paillage épais à faible biodégrabilité comme les écorces de résineux à gros calibre, n’oubliez pas un bon apport annuel en purin d’ortie pour éviter ce qu’on appelle une « faim d’azote » pour le plant (20gr/m² annuel minimum). En effet il pourra être privé de sa capacité à capter l’azote du sol, car les bactéries le rendant habituellement disponible pour les racines du plant, travailleront plutôt à dégrader les écorces de pins, que de libérer l’azote du sol pour le plant.
  • Si vous êtes en zone pavillonnaire, éviter une plantation proche d’un mur de maison aux peintures calcaires qui lessivées par les pluies, pourront nuire au myrtillier et surtout aux endroits du terrain qui à votre connaissance hébergeraient des remblais de plâtre par exemple. Et si possible, ne pas planter le futur buisson plein sud qui recevrait trop de chaleur avec le rayonnement des murs, mais plutôt Nord-Est/ Est / Sud-Est.


FERTILISATION :

Azote : 20 grammes maximum par an et par . Du type de fertilisant que vous souhaiterez apporter (purin d’ortie, granulés biologiques, compost personnel…) il pourra être difficile de connaître la proportion d’azote des purins d’orties industriels ce qui me semble tout à fait incroyable, sauf pour des granulés dont le détail des proportions en minéraux est généralement délivré. Ne pas avoir la main trop lourde sur l’azote qui en excès sera nuisible jusqu’à pourvoir tuer le plant. Si la première année vous ne fertilisez pas, ce ne sera pas un problème car le plant cherchera d’abord à s’installer, mais ne pas l’oublier l’année qui suit. Ne pas apporter de fertilisant dès que les derniers fruits sont cueillis, sinon cela retardera l’aoutage.

NATURE DU SUBSTRAT SI CULTURE EN CONTAINER :

Terre de bruyère. Si possible, la mélanger avec du sable (10%, pas de sable de Loire) et de la sciure de résineux (10%) pour potentialiser l’acidité et le drainage du substrat. Si possible conserver l’usage d’un pot anti-chignon qui assurera aux fines racines du myrtillier l’absence de formation d’un chignon qui compromettrait la bonne oxygénation du fonds racinaire, très sensible à la pourriture. Contre cet effet, potentialisez le drainage avec une couche de 3-4 cm de gravier à béton, certes plus lourd que les billes d’argiles mais de nature acide et plus économique :

  • Granites :  couleur jaune, rose, gris, vert
  • Basaltes : noir ou bleu-noir
  • Grès : gris, rouge, beige
  • Diorites : Bleu ou rose
  • Quartzites : rose, gris, blanc


Même préconisation pour la fertilisation qu’en plein sol, mais assurez dès la seconde année un apport en azote, car le lessivage des oligo et macro-éléments est important en container.

Rempotez le plant « Myrtilles des Montagnes Noires » de 1,3 Litre :

  • 1ère année : dans le triple de son volume au minimum, soit 4 litres voire 5 litres.
  • 2ème année : vous pourrez vous contenter de doubler le volume, soit 10 litres.
  • 3ème année : doublez le volume, soit 20 litres.
  • 4ème année : pour son domicile définitif, l’idéal sera de le rempoter dans un container anti-chignon de 50 litres, sinon 40 litres.

 

POLLINISATION :

Même si la plupart des NHB sont auto-fertiles, il sera idéal de planter plusieurs variétés proches les unes des autres (1 mètre X 2-3 mètres) afin qu’une pollinisation croisée génère de plus gros fruits. La durée de floraison pour chaque variété est généralement suffisamment longue pour que même décalées les unes des autres dans le temps, elle autorise cette pollinisation croisée. De plus cela allongera votre période de récolte.

ARROSER :

Les exemples suivants montrent comment calculer depuis la réserve utile en eau (RU) d’une texture de sol, la réserve facilement utilisable (RFU) par le volume racinaire du myrtillier. 

Ceci aidera à déterminer le rythme des arrosages.

Ce chapitre pourra être perçu comme un peu compliqué à appréhender et un peu longuement exposé, mais il permettra de souligner qu’en période estivale, qu’il s’agisse ou bien d’un plant adulte ou bien d’un très jeune plant, il nécessite une attention particulière à la gestion de ses arrosages.

Si un résumé très approximatif doit être fait, il sera périlleux considérant les conditions particulières tellement innombrables en France au regard de la diversité de ses climats. Mais grosso modo, aucun lieu ne présente une ETP moyenne quotidienne inférieure à 3mm/jour au cœur de l’été. Autrement dit, envisager à minima d’apporter 3 litres d’eau par m² de surface chaque jour sans pluie, serait conseillé pour être certain d’avoir un plant ne souffrant jamais de tout l’été. Ainsi il pourra développer aisément son feuillage, fleurir généreusement, offrir des gros fruits, stimuler la croissance de nouvelles cannes, et constituer ses réserves entre fin-Août et Septembre afin de se préparer à la saison suivante.  Bien entendu, ces 3 mm d’eau par seront à proportionner suivant l’âge du plant (le chevelu racinaire en profondeur d’un jeune plant de 3-4 ans ne se diffuse pas encore sur 1m²) et avec les précipitations.


  • Voyageons jusqu’à Limoges :


  • Pour y trouver un plant pleinement adulte, couvrant une surface de 1m² au sol et avec une profondeur racinaire maximale de 45 cm. Si le terrain est de nature limon-argilo-sableux (LAS), la RU du volume racinaire sera de 45 cm X 0,12 cm d’eau disponible par cm de sol, soit 6 cm. La RU ne devra pas être consommée au-delà de 50% ce qui correspond globalement à ce qu’on appelle la réserve en eau facilement utilisable (RFU). Cela évitera un stress hydrique connaissant l’absence de poils racinaires chez le myrtillier, qui lui rends d’autant plus difficile la captation de l’eau lorsque celle-ci diminuant dans le sol, reste « collée » aux solides (limons, argiles, sables). Avec une ETP moyenne à Limoges en juillet de 4.1 mm/Jour, la moitié de la RU soit 3 cm sera totalement épuisée en une semaine . Il peut survenir chaque été, une longue période de chaleur avec des températures bien supérieures aux moyennes climatologiques qui ont déterminées cet ETP, et dans ce cas, en moins de 8 jours, même un plant adulte sera en stress hydrique. En attendant les prochaines pluies, on pourra lui programmer un arrosage avec 15 mm ( la moitié de 30 mm), soit 5 mm en 3 arrosages (= 5 litres d’eau par m²) afin de rester cette fois-ci dans les 50% de la RFU.


  • Prenons un autre exemple en direction de Brest :


  •  Imaginons un jeune buisson « Myrtilles des Montagnes noires » acheté cette année et qui sera logé au printemps dans un trou de plantation de 30 litres minimum (31cm X 31cm X 31cm). Seulement 5 litres (17cm X 17cm X 17cm) qui représentent la motte racinaire de 1.3L provenant du container mise en contact avec la terre fraîchement ameublie, seront considérés comme le milieu humide efficace. Pour un sol limono-sableux (LS), la RU de ce volume de 5 litres sera de 17 cm X 0,10 cm d’eau disponible, soit environ 1,7 cm. À Brest, l’ETP en juillet est de 3,3 mm par jour. 50% de cette RU (8,5 mm) sera consommée en moins de 3 jours. Sachant que la motte racinaire est encore vulnérable et qu’elle doit-être aidée à bien s’implanter sans aucun début de stress hydrique, elle pourra alors être arrosé à hauteur de l’ETP quotidienne de juillet avec 3,3 mm mais à proportionner au 1/10ème de m² du trou de plantation (31cm X 31cm X 31cm) soit 330 ml minimum. Le cas échéant avec 1 litre pour 3 jours consécutifs sans précipitations, mais dans ce cas plus de la moitié de la RU aura déjà été consommée par la jeune motte racinaire.


  • Dernier exemple en direction de Paris et sa petite couronne :


  •  Le plant sera cultivé en container, sur terrasse ou balcon, car le sol disponible est bien évidemment rarissime et dans tout les cas, plutôt alcalin. Le calcul de la RU sera utile pour se représenter le volume d’eau de pluie (douce, voire légèrement acide) à collecter si cela est possible, en prévision de toute une saison de végétation. En effet, en région Parisienne, l’eau du réseau étant dure à très dure, elle sera déconseillée pour l’arrosage. Cela impliquerait une chlorose sévère par accumulation de calcaire. Avant d’atteindre le conditionnement optimal depuis un plant initial « Myrtilles des Montagnes Noires » de 1,3 litres vers un container anti-chignon de 50 litres, (diamètre extérieur : 50 cm ; profondeur : 39 cm) il devra bien évidemment y avoir des rempotages progressifs. Mais calculons la RU avec une texture limon-moyen (LM) qui se rapprochera d’une terre de bruyère 80% + sable 10% (pas de sable de Loire) et écorce de pins 10%. La RU pour ce volume de 50 litres sera de 39 cm X 0,13 cm, soit 5 cm. La densité d’un terreau est le 3 tiers de celle d’une terre naturelle car constituée de fibre de bois (le bois flotte, mais pas un grain de sable). Donc 50% de la RU soit 2,5 cm d’eau  sera aussi divisée par trois car ce substrat « collera » trois fois moins fortement l’eau à ses fibres qu’une terre LM à ses argiles et limons. Ce qui donne 8,3 mm pour 50% de la RU L’ETP moyenne quotidienne à la station Paris-Montsouris de Mai à fin-Septembre est de 3,9mm. On peut constater qu’en deux jours, la moitié de la RU qui correspond à l’eau facilement extractible par les fines racines du myrtillier sera consommée . Donc en moyenne sur 5 mois d’un cycle de végétation du myrtillier, autant d’occurrences de périodes de 2 jours sans précipitations, seront autant d’occurrences impliquant un stress même pour un plant adulte en container de 50 litres. Donc dans cet exemple Parisien, au-delà de 2 jours sans pluie, il faudra arroser quotidiennement avec  4 litres d’eau pour ne jamais entamer la RU. Car il ne faut pas oublier que la surface plastique d’un pot exposé aux rayons du soleil sera aussi au contact d’un revêtement béton « bouillant » (Container 50 litres = 1 m² = ETP = 3.9mm/m²). Mais ce calcul visait à complémenter l’ETP sans prendre en compte les précipitations. A Paris-Montsouris, le différentiel moyen entre l’ETP de Mai à Septembre et les précipitations est de 331mm. Comme on a vu précédemment que l’arrosage quotidien moyen devrait être la valeur de l’ETP moyenne quotidienne pour un container de 50 litres ayant une surface exposée d’1m², en conséquence il faudrait en moyenne une réserve d’eau de pluie de 331 Litres. Elle permettrait de ne jamais solliciter la RFU du container sur toute une saison de végétation de 5 mois, ainsi n’exposant jamais un stress hydrique au myrtillier soumis aux conditions difficiles des îlots de chaleurs urbains qui ne dispensent par ailleurs qu’une faible hygrométrie.

TAILLER :

La figure ci-après propose la chronologie des tailles de formation et d’entretien sur un jeune plant N « α » de 60-80 cm pendant les 3 ans qui suivent sa plantation.
 
L’objectif sera de toujours garder 3 à 4 grosses branches charpentières maximum, afin d’obtenir de plus gros fruits, et d’insérer plus facilement les mains au cœur d’un buisson bien aéré pour les cueillettes et ce, sans risquer d’abimer les branches.
 
Tous les 4-5 ans il faudra au moins enlever une des branches charpentières (comme l’image de l’année N « δ ») pour stimuler et/ou favoriser la pousse d’une nouvelle canne fruitière plus vigoureuse.

Professionnels :

Si vous êtes Maraîchers, Pépiniériste, Producteurs de petits fruits en conduite biologique dans la région Bretagne, et que souhaiteriez élargir votre gamme, je reste à votre disposition pour étudier votre projet d'obtention de plants.

Sources et références

Liste non exhaustive d'institutions où j'ai pu consulter des ressources bibliographiques, ou obtenir des réponses précises directement auprès de chercheurs.

 

  • United States Department of Agriculture - Agricultural Research Service                   (USDA-ARS), (USA) 
  • National Plant Germplasm System (NGPS) (USDA-ARS), (USA) 
  • University of Arkansas System Division of Agriculture, Fayetteville, Arkansas, (USA) 
  • State University Department Horticultural sciences, Gainsville, Floride, (USA) 
  • Genetic Improvement of Fruits and Vegetables Laboratory, Beltsville, Maryland, (USA) 
  • State University Department of Fruit Science, Missouri, (USA) 
  • State University Department of Horticulture ,Michigan, (USA) 
  • Genetic Improvement of Fruits and Vegetables Laboratory, Chatsworth, New Jersey, (USA) 
  • State University Department Horticultural Crops Research Unit, Corvallis, Oregon, (USA) 
  • State University Department of Horticulture , Puyallup, Washington, (USA) 
  • Université d'agriculture de Lettonie, Jelgava, (Lettonie) 
  • Institut d’agriculture et des sciences environnementales, Université de Tartu, (Estonie) 
  • University of Life Sciences, Lublin, (Pologne) 
  • « Area of Horticultural and Forest Crops » du « Servicio Regional de Investigación y Desarrollo Agroalimentario » (SERIDA), Asturies, (Espagne) 
  • Kevin Clayton-Greene, Independant researcher and Technical manager Harvest Moon, (Australie) 
  • Ecole d’Agronomie Université de Talca, (Chili) 
  • Institut de Recherche en Horticulture et Semences, Université d’Angers, (France) 
  • Section Légumes et Maraîchage à l'Institut de l'agriculture et de l'alimentation biologiques (ITAB), (France) 
  • Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants (GNIS), (France) 
  • CNRS, Laboratoire ThéMA, Université de Franche-Comté, Besançon (France) 
  • INRAE (l'Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), (France)