Cette page situera les "Myrtilles des Montagnes Noires" dans son micro-climat en le comparant aux autres micro-climats de Bretagne. 

Et tenter de répondre aux questions, "est-il possible de cultiver facilement des myrtilles en Bretagne ?"  et si oui, " plutôt où ? 


  1. Esquisse du climat en Montagnes Noires
  2. Observations météorologiques remarquables depuis 2008 à Sphères de Cultures
  3. Rostrenen : ville la plus froide de Bretagne ?
  4. Zones climatiques de Bretagne et méthodologie d'analyse
  5. Températures maximales moyenne
  6. Températures minimales moyenne
  7. Nombre de jours de gel
  8. Cumul de précipitations en Hiver
  9. Cumul de précipitations en Eté
  10. Nombres de jours de pluie en Eté
  11. Tableau de synthèse
  12. Vues rapprochée du tableau de synthèse
  13. Analyse complémentaire avec calcul des "proportions" 
  14. Méthodologie de calcul par "proportions"
  15. Graphique du classement par "proportions"
  16. Les 4 principaux groupes 
  17. Graphique du classement par zones climatiques et analyse


Les arcs-en-ciel (double arc-en-ciel photographié ici sur le site de production) sont fréquemment observés dans le typique climat breton...une averse...un rayon de soleil....

1) Esquisse du climat en Montagnes Noires 

Le climat Breton est souvent en proie au bon mot: « Il pleut tout le temps ».

En fait, la Bretagne présente au moins 6 zones climatiques. Une diversité pouvant contredire cette amusante sentence populaire qui avance cette supposée homogénéité régionale thermo-hydrométéoritique.

Tout en s’inscrivant dans cette pluralité de zones climatiques, les Montagnes Noires n’usurpent pas leur titre. Même si elles sont situées proche de la bordure océanique dans la partie occidentale de la péninsule, leur relief modeste est suffisant pour leur conférer un micro-climat à tonalité montagnarde :

En journée les brises de mers accentuées par le gradient altimétrique « niveau de la mer - 300 mètres d’altitude » favorisent une nébulosité diurne n'y autorisant qu’une insolation annuelle de 1500 heures environ contre plus de 2000 heures vers le littoral Vannetais.

A la tombée du jour l’inertie thermique océanique s’y fait peu sentir et ce en toutes saisons : le rayonnement nocturne est immédiat, la température baisse alors rapidement et le point de rosée est vite atteint. En été ce sera un avantage pour la conservation des myrtilles car les nuits ainsi toujours fraîches, rétabliront un bon taux d’humidité atmosphérique surtout en période de sécheresse. Ce qui sera apprécié par les myrtilliers.

Le nombre de jours de gel aussi, est par exemple supérieur à celui de Rennes, alors que situé dans un bassin plus sujet au rayonnement nocturne et aux poches d’air froid, en zone océanique dégradé sous influence plus continentale.

Ce nombre de jours de gel élevé comparativement à celui qui est relevé en bordure du littoral, sera favorable pour la culture de la myrtille qui exige un nombre d’heures de froid conséquent pour une bonne fructification après la dormance (Cf.page relative à la pépinière)

2) Observations remarquables depuis 2008 à Sphères de Cultures

Des gelées se produisent chaque mois de Mai, que ce soit avant, pendant ou après les Saints de glace et parfois même jusqu’au début du mois de Juin :
-5° (mi-mai 2012) où toutes les jeunes feuilles des arbres en lisière du houppier, voire jusqu’à la cime ont grillé, et 0° (6 Juin 2019) où les jeunes fougères les plus exposées au rayonnement nocturne ont gelé.   

Le risque majeur à la culture de la myrtille sera un hiver doux comme ceux de 2018/2019 ou 2019/2020 favorisant le débourrage précoce qui exposera dangereusement les corymbes au gel tardif. Ainsi, la récolte 2019 a quasi-totalement été compromise avec -2.8° enregistré le 05 mai. C’est une température moins froide et moins tardive que celles enregistrées en 2012, mais la différence réside dans le fait que la floraison avait débuté avec presque 4 semaines d’avance. Ce qui aura donné raison à la bonne rusticité des fleurs qui étaient déjà bien ouvertes.

Dès la mi-août, les premières lueurs de l’automne peuvent se faire sentir et ce même en plein milieu du rythme de croisière des journées estivales qui dans le cas d’un régime anti-cyclonique, offriront des nuits claires et sans vent. Le rayonnement nocturne semblable à une nuit d’avril (même durée de nuit) sera favorisé. Ainsi au petit matin ce sont des 3-4° qui s’égrènent comme ce qu’il faudra considérer comme un atout non négligeable pour la bonne conservation des fruits sur les buissons.

Une première gelée ou à minima une gelée blanche est relevée dès le mois de Septembre, comme le 08/09/2013 avec -1°

Chaque hiver affiche au moins une température minimale de -8° (jusqu’à -10° Janvier 2009, -12° Février 2012). L’exception est l’hiver 2019-2020, et même si celui-ci n’est pas terminé, est le plus clément depuis 12 ans d’observations avec seulement -4°. Ce qui peux confirmer dans un cadre de réchauffement climatique, l’inquiétude posée précédemment, avec ce risque d’hiver doux précédant l’occurrence quasi-systématique de gelées en mai.

Ce petit tour d’horizon pourra louer l’idée que la myrtille, issue d’un climat exigeant comme celui des Montagnes Noires, sera rare et précieuse.

3) Rostrenen : ville la plus froide de Bretagne ?

Cette légende tient-elle ses racines du fait qu’à une certaine époque, la seule station de relevés météorologiques en centre-Bretagne se situait ici ?

La carte ci-dessus, démontre une typique influence maritime, celle de la Manche ici, qui tempère les vents d’hiver froids de Nord-est lorsque ceux-ci s’engouffrent dans l’axe de la Baie de Saint-Brieuc orientée de façon identique. Ainsi Rostrenen, sise un peu au-delà du versant Nord des Montagnes Noires bénéficiera de cette influence de la Manche, cumulant  20 jours de gel en moins par an que Langonnet, plus soumise à l’influence continentale sur le versant sud des Montagnes Noires. (Source : relevés météorologiques Météofrance).
 
Rostrenen, serait-elle toujours la ville la plus froide de Bretagne ?


 

4) Zones climatiques de Bretagne et méthodologie d'analyse


Pour déterminer quel(s) sera(ient) le ou les lieux les plus favorables à la culture de la myrtille je vais m’aider de la source Bretagne-Environnement/Météofrance qui propose 6 zones climatiques distinctes en région Bretagne.
L’objectif sera de souligner que les « Myrtilles des Montagnes Noires » portent bien leur nom en ce sens qu’elles retrouvent le plus possible, leurs exigences pédoclimatiques au sein de cette région spécifique des Montagnes Noires.


Les critères climatiques pour réussir la culture de la myrtille sont nombreux, et j’en choisirai que 6
La première raison, est qu’il est difficile d’obtenir des relevés météorologiques exhaustif depuis un large panel de stations, d'où une sous-sélection de stations ensuite sera assignée aux zones climatiques répertoriées par Bretagne-Environnement/Météofrance.
La deuxième est que la lisibilité et la clarté de la synthèse à destination de cette courte analyse serait compromise avec trop de données extraites au-delà de 6 critères.
D'ailleurs, Je n’aborderai pas ici les critères pédologiques, ce qui demanderait un autre chapitre, quand-bien même je les aborde indirectement dans les pages « verger », « soins auprès des vergers" et "pépinière".

Voici les 6 critères climatologiques :

- Moyenne des températures minimales :
Moyenne établie sur les 5 mois de Novembre à mars qui correspondent au repos végétatif du myrtillier. Plus la moyenne est basse plus le critère d’adaptabilité à sa culture en Bretagne sera rempli car le myrtillier exige un nombre d’heures de froid spécifique à chaque variété (Cf. page "pépinière").

- Moyenne des températures maximales

Moyenne établie sur les 5 mois de Mai à Septembre qui correspondent au cycle de végétation du myrtillier, de fructification et des constitutions de réserves pour la saison suivante. Plus la moyenne est tempérée plus le critère d’adaptabilité à sa culture en Bretagne sera rempli si l’on ne considère que le Northern Highbush Blueberry (NHB) regroupant des variétés présentant un fort taux de Vaccinum Corymbosum dans leur patrimoine génétique. Des variétés représentatives de ce groupe comme « Bluecrop », « Spartan » et « Patriot » ont par exemple un taux de photosynthèse optimal entre 20°C et 25°C, celui-ci diminue respectivement de 27,3%, 41,3% et 51,3% lorsque la température atteindra 30°C. Les taux de photosynthèse pour les Southern Highbush Blueberry (SHB) ne seront pas autant, voire absolument pas impacté, même sous des températures pouvant atteindre 40°C, mais je ne l’aborderai pas ici, car ce ne sont pas les SHB (excepté « Star ») que je propose dans mon atelier pépinière.
Une température moyenne maximale élevée sous-entend un nombre de jours important présentant une température supérieure aux seuils des 25°C ou 30°C. Ces seuils seraient à éviter notamment en zone océanique où s’ajoute l’effet éolien. Car il potentialisera l’évapotranspiration (ETP) fragilisant d'autant plus le système racinaire du myrtillier qui est très superficiel (jusqu’à environ 40 cm de profondeur seulement)

- Nombre de jours de gel par an :
Il précisera le critère de la moyenne des températures minimales. Plus il sera élevé, plus le critère d’adaptabilité à sa culture en Bretagne sera rempli. Par exemple une température moyenne minimale de 2°C sur 10 jours avec 10 jours à 2°C (typique d’un secteur littoral par exemple) n’aura pas la même vertu sur les besoins en froid du myrtillier qu’une moyenne de 2°C sur 10 jours avec 5 jours à -2°C et 5 jours à 6°C (typique de fluctuations plus continentales)

- Cumul des précipitations en Hiver des mois de Novembre à Mars :
Le myrtillier aime avoir les pieds au sec pendant sa période de repos végétatif. Donc le critère d’adaptabilité de sa culture en Bretagne sera rempli à condition d’avoir le minimum de précipitation sur cette période.

- Cumul des précipitations en Eté des mois de mai à Septembre :
Le myrtillier est très sensible aux carences hydriques en considérant son système racinaire superficiel et non muni de poils racinaires qui aident à compléter sa nutrition en oligo-éléments. Donc le critère d’adaptabilité de sa culture en Bretagne sera rempli avec le cumul de précipitation estivale le plus élevé.

- Nombre de jours de pluie des mois de Mai à Septembre :
Il s’agira de préciser le critère du cumul de précipitation estival. Plus il sera élevé, plus le critère d’adaptabilité à sa culture en Bretagne sera rempli. Par exemple 300 mm réparti sur 30 jours de pluie (zone climatique type Montagnes Noires) n’auront pas le même caractère de pluies efficaces que 300 mm réparti en 10 jours dont 8 avec des précipitations orageuses (zone climatique type sud-est). Car le myrtillier pendant sa période de végétation et surtout celle du grossissement du fruit, nécessite 4mm par jour (pour la zone climatique Montagnes Noires : ETP corrélée aux T°Max.Moy).

Méthodologie du calcul de points :
Sélection de 5 localités par zone climatique (4 seulement disponible en zone Sud-Est) avec une période significative de relevés météorologiques sur 30 ans (1971-2000 ou pour la plupart 1981-2010) .Total de la sélection : 29 localités.

Mise en ordre croissant des valeurs suivantes :
T°Moy.Min / T°Moy.Max / Cumul précipitation Eté
Les valeurs les plus basses se voient attribuer 1 point
Les valeur les plus hautes se voient attribuer 100 points

Mise en ordre décroissant des valeurs suivantes :
Nombre jours de gel / Nombre jours de pluie / Cumul précipitation Eté
Les valeurs les plus basses se voient attribuer 1 point
Les valeurs les plus hautes se voient attribuer 100 points

Calcul d’une fonction logarithmique dont la puissance est la différence entre les deux valeurs extrêmes. Grâce à cette échelle logarithmique, les points pour les valeurs intermédiaires seront visualisés de manière plus aisée.

Chaque critère climatique étudié, sera illustré en graphique afin de visualiser les points attribués à chaque localité en fonction de son caractère plutôt favorable ou moins favorable.

Deux tableaux de synthèse présenteront pour chaque localité, leurs points (Brut et par "proportion") en reprenant les 6 critères climatologiques dans leur ensemble, plus un dernier tableau de synthèse par zones climatiques.

5) Températures maximales moyenne

Langonnet avec 19.4° de moyenne pour la température maximale des mois de Mai à Septembre, est la plus fraîche des localités autour des Montagnes Noires. A comparer avec La Noé-Blanche en Ile-et-Vilaine et ses 22,7°, soit plus de 3° d’écart alors que toutes deux présentent des caractéristiques hivernales semblables (hors cumul précipitation). Dans les perspectives de gestion de l’eau, la position de Langonnet sera préférable à celle de La Noé-Blanche, à moins d’y appliquer une permaculture rigoureuse en paillage et ombrage agroforestier.

6) Températures minimales moyenne

Langonnet est en seconde position avec 3.3° de moyenne pour la température minimale des mois de Novembre à Mars. 22 Localités ont une moyenne qui ne dépasse pas d’1° celle de Langonnet pour atteindre ainsi 4.3°. Elles seront toutes globalement adaptées pour cumuler un nombre d’heures de froids minimal répondant à l’exigence de l’ensemble des variétés. Ensuite la progression rapide de la moyenne de la T° avec plus de 7° à Penmarc’h par exemple, sera peu adapté à la culture du myrtillier à moins de sélectionner des variétés d’extrême sud des Etats-Unis.

7) Nombre de jours de gel

Figure d’exception, même au sein des Montagnes Noires, Langonnet est en tête de classement avec 48 jours.
En 2nd position, Carhaix situé alors dans une vallée qui peut être propice aux gouttes froides, ne présente « que » 43 jours. Brignogan à la dernière place avec 5 jours ne serait favorable qu’en adaptant certaines variétés originaires du sud des Etats-Unis.

8) Cumul de précipitations en Hiver

Langonnet avec 578mm est dans la queue du peloton qui regroupe les localités principalement situées dans les Montagnes Noires et qui sont en effet très humides durant les mois de Novembre à Mars. Il s’agit là d’un vrai point faible et l’enjeu cultural qui en découle peut-être envisagé, seulement en choisissant un terrain non hydromorphe, limono-sabloneux, et seulement légèrement pentu .Une forte pente deviendrait à l'inverse, un inconvénient en été, en ne pouvant retenir l'eau.
Le cas échéant les maladies cryptogamiques sur racines et sur jeunes tiges seront favorisées jusqu’à pouvoir compromettre la pérennité du verger.
En revanche, Rennes est très bien placé en tête de classement avec 308mm seulement, qui plus est en zone continentale dégradée avec ses T.Moy.Min assez basses.  

9) Cumul de précipitations en Eté

Langonnet est en 5ème position avec 345 mm répartis sur 153 jours, soit 2.3mm par jour. Il manque approximativement 1.7mm d’eau par jour sur cette période pour couvrir raisonnablement les besoins du myrtillier soit un total de 260mm. Ce qui peut représenter pour 1000 plants par exemple, une réserve en eau de 260m3.
Pour La Noé-Blanche situé en 27ème position avec 247mm mais dans la zone climatique la plus chaude de Bretagne, demanderait entre 5 et 6mm jour (ETP depuis la T°Max/Moy). Il manque donc à minima 4mm/jour soit 600m3 pour le même nombre de plants.
Cette comparaison peut aider à déterminer quels sont les lieux les moins gourmands en eau pour la culture du myrtillier donc les plus écologiques en cas de restriction d’eau au cours d’une période de sécheresse estivale.

10) Nombre de jours de pluie en Eté

Langonnet avec 48 jours se positionne à la 4ème place avec une moyenne de 5 jours de pluie tous les 16 jours entre Mai et Septembre ce qui est très appréciable pour le myrtillier, mais pourrait déjà être insuffisant en fonction du cumul de précipitation vu précédemment. Sans irrigation, une option de prudence est de s’orienter en permaculture avec paillage intensif.
Rennes en 26ème position avec 38 jours en zone Sud-Est contrecarre pleinement son atout hivernal où les pluies étaient faibles : ici une irrigation sera plus que conseillée même en permaculture.

11) Tableau de synthèse

12-1) Vue rapprochée des localités 1 à 8 par ordre croissant de points

12-2) Vue rapprochée des localités 9 à 16 par ordre croissant de points

12-3) Vue rapprochée des localités 17 à 24 par ordre croissant de points

12-4) Vue rapprochée des localités 25 à 29 par ordre croissant de points

13) Analyse  complémentaire et conclusion avec le calcul des "Proportions"


Pour tenter de déterminer les lieux les plus propices à la culture de la myrtille, 6 critères climatologiques par localité, ont précédemment été étudié indépendamment les uns des autres. Si l’on additionne ces 6 résultats sans y intégrer une modalité de calcul supplémentaire pour les mettre en perspective aux résultats additionnés de toutes les autres localités, il ne sera alors pas permis de relativiser un gros score.

Par exemple : Brignogan qui totalise 142 points, est au milieu du classement général, mais en tête de classement pour le seul critère de la T°Max.Moy, recueillant ainsi 100 points, tandis que les cinq critères suivants en queue de peloton, se partagent 42 points.
Ce ne sera donc pas ce seul critère, recueillant un score maximal de 100 points à Brignogan pour la T°Max.Moy exprimant une douceur estivale ne stressant pas le myrtillier, qui suffira à compenser les autres critères très faiblement notés. Comme l’absence de gelées, ou des températures hivernales minimales trop hautes pour la plupart des variétés etc…
Comparons Brigognan à Dinard avec ses 141 points. Ils se répartissent en des scores bien plus équilibrés, pouvant exprimer dans l’absolu un lieu plus adapté, quand-bien même il ne présente pas dans le lot, un score maximum de 100 points.

Dit autrement, les adaptations pédoclimatiques (amélioration des propriétés du sol avec un amendement drainant si la localité est située en zone très humide en hiver, paillage végétalisé intensif si la localité recueille peu de jours de pluie en été, ombrage agroforestier si la localité présente une T°Moy.Max élevée etc…) seront plus faciles à corriger, lorsque 100% du total des points réparti dans les 6 critères, s’approchera de la moyenne de 16,7% plutôt que 95% pour le premier, et 1% point pour les 5 autres critères.
Ainsi, dans ce dernier graphique de classement par « proportion » dont la méthodologie sera détaillée ci-après, Brignogan est classé 28ème et Dinard 4ème, alors qu’ils sont respectivement au coude-à-coude à la 14ème et 13ème place dans le classement brut.

Mais s’approcher de la moyenne de 16,7 % par critères climatologiques, est aussi à nuancer. L’exemple de Vannes et Lorient dont les critères climatologiques étudiés auparavant ont obtenu des scores équilibrés, faibles mais équilibrés en se classant respectivement en dernière et avant-dernière position dans le classement général, se retrouvent ici en tête, en 9ème et 2nd position. Cela traduit cet « équilibre » même si leurs bulles respectives seront bien en-dessous de la courbe de tendance positionnées à l’ordonnée dans le rapport de leur total de points brut. Lorient et Vannes équilibrés dans leurs atouts faibles, devront fournir des importantes corrections pédoclimatiques à peu près équitablement réparties pour tous les critères d’adaptabilités.

En revanche, Carhaix ou Langonnet, en tête de classement comme Lorient ou Vannes, sont situées bien au-delà de la courbe de tendance, signifiant que la majorité des critères climatologiques ont obtenus des points élevés ET de manière bien équilibrée. Carhaix ou Langonnet feront ainsi partie des lieux les plus propice à l’épanouissement d’un myrtillier, avec le minimum de corrections pédoclimatiques.

Ces analyses seront à relativiser pour un particulier qui souhaite planter un ou quelques buissons. À son échelle, les corrections lui seront toujours bien plus aisées à mettre en œuvre, plutôt qu’un professionnel envisageant l’adaptation de milliers de plants sur une grande surface. Dans ce sens, en Bretagne, tout jardinier amateur éclairé et attentif, peut cultiver la Myrtille arbustive moyennant si nécessaire, les bonnes corrections et aussi en n’oubliant pas de prendre soin en zone littorale très douce comme par exemple à Penmarc’h, Brignogan ou Saint-Cast-le-Guildo, de choisir les bonnes variétés


14) Méthodologie de calcul par "proportions"


15) Graphique du classement par "proportions"


16) 4 Groupes de détachant dans le graphique par "proportions"


17) Graphique des "proportions" regroupé par zones climatiques


En regroupant les localités désignées par Bretagne-Environnement/Météofrance dans leurs zones climatiques respectives, on obtient ce graphique qu’il faut lire comme le précédent graphique par « proportions ».
« Montagnes Noires » et « Littoral » se distinguent avec un total de points élevé en étant bien au-dessus de la courbe de tendance. Sauf que leur bulle respective qui exprime le bon équilibre dans la répartition des points par rapport au total de points de la zone climatique, ont une taille disproportionnée et à l’opposée l’une de l’autre dans le classement. Ce qui nous rappelle bien que « Montagnes Noires », propose une adaptabilité élevée pour 4 ou 5 critères tandis « Littoral », verra 1 ou 2 critères d’adaptabilité très élevé regroupant la quasi-totalité de ses points. « Littoral » est donc la zone la moins propice à la culture de la myrtille. (sauf variétés rares adaptées au climat peu gélif)

« Sud-Est » et « Littoral doux » se distinguent de « Littoral » en ayant des caractères continentaux plus marqués (gelées, T°moy.min -même si une des zones s’appelle « littoral doux ») rééquilibrant ainsi la répartition des points. En-dessous de la courbe de tendance malgré des scores bien répartis, ils ne sont pas suffisamment déterminant pour qualifier         « Sud-Est » et « Littoral doux » comme les plus adaptés à la culture de la myrtille comparativement aux deux suivantes.
« Intérieur » et « Intérieur Est » aux total de points dans la moyenne et s’approchant de la tête de classement, traduisent globalement des zones climatiques bien adaptées à la culture de la myrtille moyennant des corrections dans seulement 2 ou 3 critères. Les trois premiers étant en général étant plutôt bien notés et plutôt réparti de manière équilibré.
« Montagne Noires » est la zone climatique idéale en disposant globalement de paramètres climatologiques pouvant plaire au myrtillier avec des scores élevés et équilibrés pour 5 critères sur 6.   Une préconisation  plutôt commune à toutes localités de ce groupe sera de corriger la forte contrainte liée aux pluies hivernales.